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 Les moutons dans l'antiquité

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anipatchen
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MessageSujet: Les moutons dans l'antiquité   Sam 26 Fév 2011 - 21:00

Pour la curiosité :voici un extrait de ce que le poète latin antique Virgile avait écrit à propos de l'élevage des chèvres et des moutons

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Le petit bétail [3,284-473]

Abordant ce sujet difficile, le poète invoque de nouveau Palès [3,284-294]

Mais le temps fuit, et il fuit sans retour, tandis que séduits par notre sujet nous le parcourons dans tous ses détails. C'est assez parler des grands troupeaux; reste la seconde partie de ma tâche : traiter des troupeaux porte-laine et des chèvres au long poil. C'est un travail; mais espérez-en de la gloire, courageux cultivateurs. Je ne me dissimule pas en mon for intérieur combien il est difficile de vaincre mon sujet par le style [3,290] et de donner du lustre à de minces objets. Mais un doux amour m'entraîne le long des pentes désertes du Parnasse; il me plaît d'aller par ces cimes, où nulle roue avant moi n'a jamais laissé de traces sur la douce déclivité de Castalie. C'est maintenant, vénérable Palès, maintenant qu'il faut chanter d'une voix forte.

Les étables des brebis et des chèvres; l'élevage des chèvres est productif et facile; soins à donner au troupeau, en hiver et en été [3,295-338]

Pour commencer, je prescris qu'on laisse les brebis brouter leur herbe dans de douces étables, jusqu'au retour de l'été et de ses frondaisons; qu'on étende sur le sol rude une couche épaisse de paille et des bottes de fougères, pour préserver de la froidure du gel le délicat troupeau et le sauver de la gale et de la goutte déformante.

[3,300] Puis, passant à un autre ordre d'idées, je veux qu'on donne aux chèvres une suffisante ration de feuilles d'arbouse et qu'on leur fournisse des eaux vives toujours fraîches; que leurs étables, à l'abri du vent, reçoivent au midi le soleil hivernal, lorsque le froid Verseau commence à décliner et arrose de ses pluies la fin de l'année.

Aussi dignes de nos soins attentifs que les brebis, les chèvres ne nous seront pas moins utiles, quel que soit le prix qu'on vende les toisons de Milet imprégnées de la pourpre de Tyr. La chèvre a une postérité plus nombreuse, et donne du lait en grande quantité; plus la jatte, sous le pis qu'elle épuise, se couvrira d'écume, [3,310] plus abondant sera le flot qui ruissellera de leurs mamelles pressées. Ce n'est pas tout : on coupe la barbe qui blanchit le menton du bouc de Cinyps et ses longs poils pour l'usage des camps et la vêture des pauvres matelots. D'ailleurs les chèvres paissent dans les bois et sur les sommets du Lycée, broutant des ronces épineuses et les broussailles qui se plaisent sur les lieux escarpés; et d'elles-mêmes, ayant de la mémoire, elles rentrent au bercail, y ramènent leurs petits, et ont peine à franchir le seuil avec leur pis gonflé.

Tu mettras donc d'autant plus de soins à les protéger du gel et des vents neigeux que leur besoin est moindre de l'assistance de l'homme; [3,320] tu leur apporteras en abondance une pâture d'herbes et de branches flexibles, et, de tout l'hiver, tu ne leur fermeras pas tes greniers à foin.
Mais quand l'été riant à l'appel des Zéphyrs enverra dans les clairières et les pacages l'un et l'autre troupeau, parcourons les fraîches campagnes aux premiers feux de Lucifer, dans la nouveauté du matin et le givre des prairies, quand la rosée si agréable au bétail perle sur l'herbe tendre. Puis quand la quatrième heure du jour réveillera leur soif, et que les plaintives cigales fatigueront les bosquets de leur chant, mène tes troupeaux aux puits ou aux étangs profonds [3,330] boire l'eau qui court dans des canaux d'yeuse.

En pleine chaleur, cherche une vallée ombreuse : que le grand chêne de Jupiter au tronc antique y déploie ses rameaux immenses, ou qu'une noire forêt d'yeuses touffues y couvre le sol de son ombre sacrée. Puis donne-leur encore de minces filets d'eau et fais-les paître encore au coucher du soleil, quand la fraîcheur du soir tempère l'air, quand la lune verseuse de rosée ranime les clairières, quand le rivage retentit des chants de l'alcyon et les buissons de ceux du chardonneret.

Bergers nomades en Libye [3,339-348]

Te décrirai-je dans mes vers les pâtres de la Libye, leurs pâturages [3,340] et leurs douars peuplés de rares cabanes ? Souvent, jour et nuit, et tout un mois sans interruption, le troupeau paît et va dans de vastes déserts, sans trouver nul abri : tant l'étendue de la plaine est grande. Le bouvier africain emmène tout avec lui : maison, Lare, armes, chien d'Amyclée et carquois de Crète; c'est ainsi que revêtu des armes de ses pères, le vaillant Romain poursuit sa route sous un énorme fardeau, établit son camp et se présente en colonne devant l'ennemi dont il a devancé l'attente.

Par opposition, vie casanière des Scythes pendant la nuit hivernale [3, 349-383]

Il n'en est pas ainsi chez les peuples de Scythie, près de l'onde Méotide, [3,350] où le trouble Ister roule des sables jaunâtres, et où le Rhodope revient sur lui-même après s'être étendu jusqu'au milieu du pôle. Là, on tient les troupeaux enfermés dans les étables; on n'aperçoit ni herbes dans la plaine ni feuilles sur les arbres; mais la terre s'étend dans le lointain, rendue informe par des monceaux de neige et par une couche de glace s'élevant à sept coudées. Toujours l'hiver, toujours, soufflant le froid, les Caurus ! De plus, jamais le soleil ne dissipe les ombres pâlissantes, ni quand ses chevaux l'entraînent jusqu'au sommet de l'éther, ni quand il lave son char en le précipitant dans les flots rougis de l'Océan. [3,360] Des croûtes de glace subites se forment sur le cours des fleuves, et bientôt l'onde supporte des roues cerclées de fer; hier elle accueillait des poupes, elle accueille maintenant de larges chariots. Partout l'airain se fend, et les vêtements se roidissent sur le corps, on coupe avec des haches le vin jadis liquide; des lacs entiers se sont changés en un bloc de glace, et l'haleine congelée se durcit et se fixe aux barbes hérissées. Cependant il neige sans arrêt par tout le ciel; les bêtes meurent; les boeufs, malgré leur grande taille, s'arrêtent, enveloppés de givre; et les cerfs, se serrant en troupe, [3,370] restent engourdis sous la masse de neige qui les surprend et d'où émergent à peine les pointes de leurs cornes. Ce n'est point avec une meute de chiens ni avec des filets qu'on les chasse, ni en les effrayant avec des épouvantails de plumes pourpres, mais tandis qu'ils s'efforcent vainement de pousser avec leur poitrail la montagne de neige qui les arrête, on s'approche, on les tue avec le fer, on les abat malgré leurs bramements profonds, et on les emporte en poussant une clameur de joie. Ces barbares mènent une vie tranquille et oisive dans des cavernes creusées profondément sous terre, entassant des rouvres et des ormes entiers pour les rouler sur leurs foyers et les livrer aux flammes. Là ils passent la nuit à jouer, [3,380] et s'enivrent, joyeux, d'une liqueur fermentée d'orge et de sorbes acides qui imite le jus de la vigne. Ainsi vit, sous la constellation des sept Boeufs hyperboréens, une race d'hommes effrénée, toujours battue de l'Eurus du Riphée, le corps couvert de peaux fauves de bêtes.

La laine [3,384-393]

Si tu fais de la laine l'objet de tes soins, commence par éviter la silve épineuse : bardanes et tribules; fuis les gras pâturages, et choisis toujours de blancs troupeaux aux molles toisons. Quant au bélier lui-même, fût-il éclatant de blancheur, s'il cache une langue noire sous son palais humide, rejette-le, de crainte qu'il n'entache de cette sombre couleur la robe des nouveau-nés, [3,390] et cherches-en un autre autour de toi dans la plaine qui en est remplie.
C'est grâce à la blancheur neigeuse de sa toison, s'il faut en croire la légende, que Pan, dieu d'Arcadie, te surprit, ô Lune, et t'abusa en t'appelant au fond des bois; et tu ne dédaignas point son appel.

Le lait et le fromage [3,394-403]

Préfère-t-on le laitage ? Qu'on cueille de sa propre main cytise, mélilot et herbes salées en abondance, et qu'on les porte dans les crèches. Ils n'en aiment que plus les eaux courantes, et en ont des mamelles plus gonflées, et en gardent dans leur lait un goût secret de sel. Beaucoup interdisent aux chevreaux, dès qu'ils sont sevrés, l'approche de leurs mères et garnissent l'extrémité de leurs museaux de muselières ferrées. [3,400] Le lait qu'on a tiré au lever du jour ou aux heures de la journée se met en présure la nuit; celui qu'on a trait quand commencent les ténèbres et que le soleil se couche, le berger au point du jour va le porter dans les villes en des vases d'airain, ou bien on le saupoudre d'un peu de sel et on le garde pour l'hiver.


Les chiens de garde et de chasse [3,404-413]

Les chiens ne seront pas le dernier objet de tes soins nourris à la fois d'un gras petit lait les rapides lévriers de Sparte et le vigoureux Molosse. Jamais, avec de tels gardiens, tu n'auras à redouter pour tes étables ni le voleur de nuit et les incursions des loups, ni l'attaque par derrière des Hibères indomptés.
Souvent aussi tu forceras à la course les timides onagres, [3,410] et tu chasseras avec tes chiens le lièvre comme les daims. Souvent avec ta meute aboyante tu débusqueras et relanceras les sangliers de leurs bauges sauvages, et poursuivant à grands cris le cerf à travers les hauts monts, tu le rabattras sur tes rets.

La lutte contre les serpents [3,413-439]

Apprends aussi à brûler dans tes étables le cèdre odorant et à en chasser par l'odeur du galbanum les dangereux reptiles. Souvent, sous les crèches qui n'ont pas été remuées, se dissimule la vipère, mauvaise à qui la touche, et qui cherche un refuge contre le jour qu'elle redoute; ou bien la couleuvre, accoutumée à chercher l'abri et l'ombre, fléau terrible des boeufs, se cache dans le sol pour répandre son venin sur le bétail.
[3,420] Prends dans ta main des pierres, prends des bâtons, berger; et, tandis qu'elle dresse ses menaces et enfle son cou qui siffle, abats-la; déjà elle a fui et enfoui sa tête craintive profondément, mais les anneaux du milieu de son corps et du bout de sa queue sont brisés, et une dernière ondulation traîne ses lents replis.
Il est aussi dans les fourrés de la Calabre un mauvais serpent, qui, soulevant sa poitrine, déroule son dos écailleux et son long ventre marqué de larges taches. Tant que les cours d'eau jaillissent de leurs sources, tant que les terres sont détrempées par l'humidité printanière et les autans pluvieux, [3,430] il hante les étangs, et, fixé sur leurs rives, il assouvit sa voracité sans bornes sur les poissons et les bavardes grenouilles. Mais quand le marais est à sec, et que les terres se fendillent par l'effet de la chaleur, il s'élance sur la terre sèche, et, roulant des yeux enflammés, il sévit dans les champs, exaspéré par la soif et rendu furieux par la chaleur. Me préservent les dieux de goûter le doux sommeil en plein air, ou de m'étendre sur le talus d'un bois parmi les herbes, alors qu'ayant fait peau neuve et brillant de jeunesse, il se roule à terre, ou que laissant dans sa demeure ses petits ou ses oeufs, il se dresse au soleil, et fait dans sa gueule vibrer un triple dard.

La lutte contre les maladies des ovins [3,440-473]

[3,440] Je t'apprendrai aussi les causes et les symptômes des maladies. La hideuse gale s'attaque aux brebis, lorsqu'une pluie froide de l'âpre hiver aux blancs frimas les a profondément pénétrées jusqu'au vif; ou quand la sueur mal lavée reste collée à leurs corps tondus et que les ronces épineuses ont écorché leur peau. Aussi les bergers plongent-ils tout le troupeau dans de douces eaux courantes, et le bélier avec sa toison humide est immergé dans un gouffre et s'abandonne au courant du fleuve; ou bien, après la tonte, on leur frotte le corps de marc d'huile amer, mêlé d'écume d'argent, de soufre vif , [3,450] de poix de l'Ida, de cire grasse et visqueuse, d'oignon marin, d'ellébore fétide et de noir bitume.

Mais il n'est pas de remède plus efficace contre les complications que d'ouvrir avec le fer l'orifice de l'ulcère : à demeurer caché le mal se développe et vit, tant que le berger se refuse à livrer la plaie aux mains du médecin et, sans agir, se borne à demander aux dieux des présages meilleurs.
De plus, quand la douleur, se glissant chez les brebis jusqu'à l'intérieur des os, y exerce sa fureur, et qu'une fièvre brûlante consume leurs membres, il est bon de détourner ce feu dévorant [3,460] en piquant sous le pied de l'animal une veine d'où le sang jaillisse : c'est ainsi qu'ont coutume d'en user les Bisaltes, et l'impétueux Gélon, quand, fuyant sur le Rhodope et dans les déserts des Gètes, il boit du lait caillé avec du sang de cheval.
Quand tu verras de loin une brebis se retirer trop souvent sous un doux ombrage, ou brouter sans appétit la pointe des herbes, et marcher la dernière, ou tomber en paissant au milieu de la plaine, et revenir seule et attardée dans la nuit, hâte-toi : réprime le mal avec le fer, avant que l'affreuse contagion ne se glisse parmi le troupeau sans défense. [3,470] L'ouragan qui déchaîne l'orage s'abat moins fréquemment sur la mer que les épidémies sur les bêtes, et les maladies n'attaquent pas quelques individus isolés, mais enlèvent tout à coup des parcs d'été tout entiers, l'espoir du troupeau et le troupeau en même temps, et toute la race depuis son origine.


Dernière édition par anipatchen le Dim 27 Fév 2011 - 19:19, édité 2 fois
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zézé
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MessageSujet: Re: Les moutons dans l'antiquité   Sam 26 Fév 2011 - 21:19

j'ai tout lu ! je n'ai pas tout saisi, mais c'était globalement intéressant....Merci Ani.
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anipatchen
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MessageSujet: Re: Les moutons dans l'antiquité   Sam 26 Fév 2011 - 21:22

Oh je n'ai pas tout compris non plus Razz .
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MessageSujet: Re: Les moutons dans l'antiquité   Sam 26 Fév 2011 - 22:23

pas trop le temps ce soir , c'est dommage , j'ai survolé un passage au sujet de traitements divers avec des plantes , faudra que je pense à revenir par là .

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MessageSujet: les moutons dans lantiquité   Sam 26 Fév 2011 - 22:44

moi aussi jai pas tout lus mais jai mieux lit les passage trés important que jaime bien je finirais demain trouve tout ton texte que ta écris trés bien est un beau titre !
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anipatchen
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MessageSujet: Re: Les moutons dans l'antiquité   Dim 27 Fév 2011 - 19:21

Voilà j'ai mis un peu de couleur dans le texte ,ce sera un peu plus facile à lire .
Moi aussi ce sont les plantes qui m'intéressent .
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florentin
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MessageSujet: les moutons dans l antiquité   Mar 1 Mar 2011 - 13:25

oui cest les plante quest trés inortante cest de l histoire trés passionnante je trouve ta btrouvez sa ou ?
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MessageSujet: Re: Les moutons dans l'antiquité   

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