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 Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"

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anipatchen
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MessageSujet: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 18:54

Encore une idée de beau livre à se faire offrir pour noël :

Citation :
Journal d'un berger nomade, Pascal Wick, Le Seuil, 2009.

Par Pierre le samedi 3 mars 2012, 08h07
Dans ZOOM SUR LES BEAUX LIVRES
« Abel est nomade, berger, Caïn sédentaire, cultivateur. Le berger symbolise la veille, sa fonction est un constant exercice de vigilance : il est éveillé et il voit. Nomade, il est sans racines, il n’est jamais indigène mais toujours de passage. » Ainsi s’ouvre le livre de Pascal Wick, devenu berger par amour de la nature et goût de la solitude. Journal d’un berger nomade est un livre à lire à l’ombre d’un bel arbre, un olivier de préférence qui plonge ses racines dans une terre chaude et douce. Andalousie, Maghreb, Montana, être berger c’est errer, suivre son troupeaux à la recherche de graminées, de pâturages, de trèfles.
Pascal Wick est berger. C’est aussi un spécialiste des chiens de protection de troupeau. Détenteur d’un diplôme en économie, ensuite exploitant agricole et enseignant il a beaucoup voyagé en Afrique, au Maghreb et aux États Unis pour choisir le métier de bergers de moutons en France, Espagne et surtout au Montana dans les environs du Parc national de Yellowstone.
Dans ce livre, il nous raconte une année de sa vie consacrée en grande partie au métier de berger. Par ses anecdotes, il nous fait par de ses réflexions par rapport à son métier, au milieu qui l’entoure, à ses relations avec les animaux domestiques mais aussi avec la faune qu’il côtoie.
Pascal Wick est bien connu des naturalistes français car c’est lui qui a fait connaitre l’utilité des chiens de protection pour éviter les dégâts des loups et des ours sur les troupeaux. Fidèles compagnons du berger, Pascal Wick nous parle des relations uniques qui lient le berger à ses chiens, Maïza et Brook. Une large part de ce récit est aussi consacrée à son point de vue sur les difficultés que rencontre l’élevage en présence de grands prédateurs.
Jamais simpliste et sans nier les difficultés il nous livre un plaidoyer pour des solutions de cohabitation.
Extraits…
“Davantage que les différences, je vois les similarités qui existent entre moi et ce qui m’entoure. Il n’y a plus moi et les humains face au monde, il y a tout ce qui est, et j’en fais partie.” (p.168)

La vie sauvage
“A partir de demain, je serai dans un paysage où l’empreinte humaine est quasi inexistante, un environnement qui n’est pas “géré” par l’homme. Des forêts qui savent se passer des “gestionnaires forestiers”, où il y a des arbres de tous les âges, des jeunes et des moins jeunes, des arbres dans la force de l’âge, et aussi de très vieux. Des forêts où les arbres meurent de leur belle mort, de vieillesse, des cadavres à tous les stades de décomposition, depuis ceux qui sont encore debout avec toutes leurs branches jusqu’à ceux qui se sont écroulés et ont été réduits à l’état de débris transportables par les fourmis. Des forêts qui ont brûlé pour laisser place à d’autres espèces qui ont besoin du feu pour se régénérer. Des troncs calcinés encore debout, durs comme le fer, témoins d’un incendie datant d’avant l’arrivée de l’homme blanc.” (p.83-84)

Les prédateurs
“Je suis berger, et toute brebis tuée est colère, tristesse et échec. Je n’accepte pas que l’ours, le loup, le coyote, le lion des montagnes, l’aigle, le grand corbeau s’en prennent au troupeau. Je veux que ces prédateurs le respectent. A moi, le berger, de faire en sorte qu’ils n’attaquent pas les bêtes dont j’ai la garde. Je ne veux pas les tuer, les éliminer systématiquement. Je ne veux pas entrer dans la logique de l’escalade.

La vie
“En pénétrant avec un troupeau de moutons dans une zone où il y a de grands prédateurs, pour qui tuer une brebis représente peu de risques et une faible dépense par rapport à l’énergie gagnée, je fais de la provocation. Même s’il est à 70% herbivore, il est autrement plus facile pour l’ours d’attraper une brebis qu’un mouflon. Dès lors, pourquoi se priverait-il d’une aussi bonne source de nourriture?” (p.129)

La mort
""Faire du sport", à part pour les professionnels, cest se dépenser physiquement pour rééquilibrer un mode de vie sédentaire, c'est le loisir par opposition au travail, le physique par opposition au mental, l'expression d'une vie divisée, d'un dualisme qui réduit une vie en miettes, l'un dépendant de l'autre, l'un annulant le sens de l'autre, une vie où le passé et le futur prennent le pas sur le présent, une vie où l'on n'est finalement jamais à sa place. Je ne suis pas dans l'Absaroka-Beartooth Wilderness Area pour gagner ma vie. Ma vie, je n'ai pas à la gagner: je l'ai. A la rigueur, je peux la perdre mais j'ose espérer que si, demain, un de ces médecins futurologues devait m'annoncer que je vais mourir dans les semaines qui viennent, je resterais avec le troupeau, avec Brook et Maïza, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je fais ce que je dois faire, ce qui est à faire et ce que je veux faire." (p.142-143)



“Mourir et que personne ne le sache. Mourir seul, le ciel dans les yeux, couché sur la terre. Mourir dans le vent, sous la pluie, mourir dehors, parmi les éléments, mourir et servir de nourriture au grand corbeau, au coyote, à l’aigle, à l’ours, au loup serait une fin honorable.” (p.170)

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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 19:21

Que de la logique. Et la dernire phrase est bien belle.
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Pascal
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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 21:10

Merveilleux texte [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

La fin, par contre, peu illustre [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 21:46

@Pascal au sens premier c'est vrai.

Mais si tu regardes ce qu'elle implique, c'est une declaration d'amour à son troupeau et au monde dans lequel il vit. Au delà de la fin, il veut resté inclu, incrusté à ce monde. Meme mort, il fait partie de ce monde.
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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 21:51

J'avais pas compris comme ça, mais comme tu le décris, Bûcheron, cette mort ne peut être qu'honorable.
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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 22:52

Tu sais, ce n'est pas surprenant de la part d'un berger. Et quel berger, que celui-ci.

Quand tu vis en permanence au milieu du troupeau, tu finis par faire partie du troupeau. Tu diriges ton troupeau comme ton bras et tu le ressents aussi. Je crois que c'est pour cela que j'aime la période de l'agnelage. Parce que c'est peut etre la période la plus crevante mais c'est là que tu es le plus intégré au troupeau. A tel point que tu peux te reveiller d'un coup au milieu de la nuit et pensant: il faut que j'y aille, il y a la brebis n°tant qui a un probleme. Tu fonces (là faut que les autres degagent devant) et quand tu arrives à la bergerie, avant d'entrer, tu sais déjà où elle est et parfois quel est le probleme. Il arrive aussi de ressentir quand certaines partent pour le grand voyage...ou quand certaines se sont mises en sale position et qu'il faut aller les decoincer.

Lui, s'il vit seul avec son troupeau en pleine nature et au milieu de predateurs, tout est exacerbé.
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MessageSujet: Re: Pascal Wick "Journal d'un berger nomade"   Dim 23 Déc 2012 - 23:40

bucheron a écrit:
c'est une declaration d'amour à son troupeau et au monde dans lequel il vit. Au delà de la fin, il veut resté inclu, incrusté à ce monde. Meme mort, il fait partie de ce monde.

bucheron a écrit:
Tu sais, ce n'est pas surprenant de la part d'un berger.
Quand tu vis en permanence au milieu du troupeau, tu finis par faire partie du troupeau. Tu diriges ton troupeau comme ton bras et tu le ressents aussi. Je crois que c'est pour cela que j'aime la période de l'agnelage. Parce que c'est peut etre la période la plus crevante mais c'est là que tu es le plus intégré au troupeau. A tel point que tu peux te reveiller d'un coup au milieu de la nuit et pensant: il faut que j'y aille, il y a la brebis n°tant qui a un probleme. Tu fonces (là faut que les autres degagent devant) et quand tu arrives à la bergerie, avant d'entrer, tu sais déjà où elle est et parfois quel est le probleme. Il arrive aussi de ressentir quand certaines partent pour le grand voyage...ou quand certaines se sont mises en sale position et qu'il faut aller les decoincer.

Lui, s'il vit seul avec son troupeau en pleine nature et au milieu de predateurs, tout est exacerbé.

Pascal wick a écrit:
Le berger symbolise la veille, sa fonction est un constant exercice de vigilance : il est éveillé et il voit.

En cette veille de Noël difficile de ne pas faire le rapprochement avec cette histoire de la naissance de Jésus dans une étable mille fois rabâchée .
On n'y prête pas toujours attention tant l'histoire fait partie du folklore mais ce sont les bergers qui les premiers ont reçu la bonne nouvelle de sa naissance, ce sont eux qui ont entendu l'ange et ça n'est pas un hasard.
Ils sont symboliquement le meilleur de ce que peut être un être humain .

Bucheron dit bien comment il en arrive à faire un avec ceux dont il a la charge, c'est plus qu'un sens de la responsabilité c'est être véritablement et viscéralement le protecteur , le soigneur du plus faible .
Nous parlions dans un autre sujet de la fatigue ,du stress des bergers face aux dangers que représentent les prédateurs . Un des bergers de la vidéo dit qu'il ne dort jamais que d'un oeil .
Pas grande différence avec ces bergers d'il y a deux mille ans qui devaient dormir dehors parcequ'il n'était pas question de laisser le troupeau seul la nuit . Si peut-être une petite différence: les prédateurs dans ces régions étaient encore plus nombreux et variés qu'aujourd'hui.

Comme le dit Pascal Wick de tout temps et dans toutes les cultures le berger symbolise l'homme éveillé alors que les autres dorment, l'homme qui voit ce que les autres ne voient pas .
L'éveil ici est à la fois une réalité du métier de berger et en même temps l'état d'être spirituel d'un homme en communion la nature : toujours à son écoute il la connait parfaitement , à la fois il se fond en elle tout en étant capable de la déchiffrer et de réagir sainement pour le bien des siens.
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